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 Au milieux d'un tas de fringues -> Buenos Aires

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Messages : 59
Mort : Douloureuse.
Fonction : Je te sublime laggle avec mon pinceau jutsu.
Totem : UNE FRITE MDR LOL j'en n'ai pas.

Message  Sujet: Au milieux d'un tas de fringues -> Buenos Aires
  Ven 12 Juil - 20:19

Vingt-quatre heures dans les plis et replis d’un espace temps à trois dimensions. Vingt-quatre heures indisposé plongé dans le remous incessant de son âme bassement matérialiste, amputé soudainement d’un tronçon de sa superbe, l’imagination jetée aux oubliettes, vendu au néant, abandonné à la vacuité, donné au rien. Vingt-quatre heures à ne rien faire et Andrew s’en mord les doigts. A l’intérieur, ça bout fort, mélange de tripes et de rage, inspiration créatrice aux abois, comme chaque jours, comme chaque heures épuisante, même la nuit où il se dresse brusquement sans sortir d’un songe parce qu’il a enfin mit la main sur son prochain concept, sur sa prochaine invention, sur sa prochaine raison de vivre –ou de mourir, Andy relativise avec une conviction inébranlable- et il se lève pour couvrir les murs de peintures n’importe où, n’importe comment, mais avec sagesse et bon goût, merci bien.

Pas aujourd’hui. Aujourd’hui est différent. Aujourd’hui, en pleins cœur de la journée – Andy en a décidé ainsi, voilà, arbitrairement, il sera quatorze heure,- aujourd’hui Andrew se contente de fixer le plafond, les bras écartés sur le sol froid, comme un jésus crucifié à même la pierre, désacralisation de sa figure mystique et bienveillante. Jésus n’est plus qu’un artiste désoeuvré dans lequel bout une rage créatrice froide et impitoyable. Alors qu’est ce qui le retient là, à mâchonner avec angoisse une inactivité tout bonnement insupportable ? Pourquoi reste t-il allongé en pleins milieux du couloir, les yeux obstinément agrafés  au dessus de lui, les sourcils en grand huit vers son nez froncé ? Il retrousse les babines sur ses canines saillantes, comme un chien dont on aurait tiré la queue.

- Où te cache tu petite pute ?» Andy interroge le vide, et au delà du vide, il appelle l’inspiration.

La petite garce lui échappe. Il s’est donc jeté dans une sorte de grève de la faim, mais à défaut de faim, il a décidé de ne plus rien faire, hormis boucher les couloir en s’étalant de toute sa maigre graisse en pleins milieux du passage, n’importe lequel, un où ça circule bien et où ça fera bien chier tout le monde. Andrew à besoins que le monde entier, que l’éternité entière sache qu’il est affreusement contrarié. Il remue son air d’être là sans y être, avec ce charme insupportable qui le rend désobligeant et lascif, couché là comme s’il attendait patiemment que quelqu’un le ramasse pour disposer de lui.

Peine perdue, l’insupportable spécimen devient enragé dès qu’on l’approche. « Allez vous faire foutre, putain ! » « Qu’est ce que tu mates, connard, j’ai une gueule à sucer ?! » « Casse toi, bordel, j’attend l’inspiration, ton mauvais goût l’empêche de venir ! »

Il se prends quelques coups de pieds au passage, lorsqu’il est trop vulgaire –il est réputé pour l’être- et puis finalement, il se las, comme il s’est lassé de ses mornes gribouillages un peu plus tôt, comme il s’est lassé des nouilles instantanés quand il était encore en vie, comme il s’est lassé de cette fille rencontrée à Londres avec qui il a passé quelques mois. Il se lève en adressant un geste –moulinet paresseux de la main qui se termine en majeur dressé- en réponse à une vague grimace de dégoût, époussète son baggy militaire posé bas sur ses hanches, sa veste noir cintrée qui lui donne presque une silhouette féminine, réajuste sa splendide coupe indigo et repousse d’un geste sur sa paire de lunette verres fumées sur son nez retroussé.

Un vague plis lui rappelle qu’il a un conte à régler avec une certaine coiffeuse dans un certain endroit et que bon, dans son inactivité absolue, il serait peut être temps de régler les affaires qui traînent parce que comme ça, voilà, ça rentabilisera un peu de temps perdu. Il s’oriente donc résolument, avec une mauvaise grâce coutumière vers l’exposition universelle en se disant qu’il pourra peut être faire rattraper cette couleur s’il demande, il ne sait pas, un bleue cyan un peu fluo, ou en tout cas, casser la gueule de celle qui lui à flanqué ce putain de violet vintage à la place de la raie sur le côté qu’il demandait.

Il s’aventure dans les allées, touche une étoffe ici ou là, admire une fringue un peu saillante, un petit jean moulant plutôt sympa, et fini comme de bien sur, par tomber sur notre prêtre national, qu’il renifle avec un genre de suspicion neutre. « Ha heu, ouais. » Lâche t-il dans un concerto toussotant. Il semble jauger le type, sans trop savoir quoi en faire. Pourrait il se pousser du passage, merci ? Andy ne connaît pas bien Aires, pas assez pour n’être que vaguement au courant de son caractère plutôt physique : heu, Andy est un artiste, heu, il plane à cent mètres au dessus de vous, les gars, d’accord ? Les potins destinés au commun des mortels ? Vous rigolez ?

Bon, c’est une vraie gossipe girl quand on le cherche bien, mais Aires, jamais, enfin, quoi, merde. Ce n’est pas le genre de gars dont on parle pour rire, de toutes façons. « … Ta veste est genre pas du tout assortie avec le reste de ton corps. Tu veux de l’aide ? » Andy n’est pas de bonne humeur, mais ça ne l’empêche pas de cultiver un tact et un altruisme de circonstance.



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Je me sens DYNAMO
Avec un poil de sexe en plus.


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