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 heatseeker • locke hafner

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Messages : 13

Message  Sujet: heatseeker • locke hafner
  Mer 28 Aoû - 23:43



NOMS : Locke Phillips-Hafner
PAYS : slovène.
OCCUPATION : chorégraphe contemporaine.
VIE : (3/8/1956 Slovénie — 12/1/2013 Philadelphie)
MORT : accident cardiaque.
ÂGES : 56 ▬ 19
ANCIENNETÉ : une arrivée récente
TOTEM : ses lunettes carrées.
JUGEMENT DERNIER : damnée pour aucune raison particulière.




Locke est au parc d'attractions. Elle n'aime pas ça, mais c'est son copain qui l'a amené là, un rien le rend très gai. Il est trop spontané, n'arrête-t-elle pas de penser. C'est le genre de fille qui tire tout le temps la tronche. Il est vraiment trop spontané. Elle l'aime beaucoup, elle l'aime vraiment beaucoup, au point de rater sa répétition, mais elle ne pourrait jamais épouser quelqu'un d'aussi spontané.
Vous ai-je déjà dit que le copain de Locke était quelqu'un de très spontané ?


Et elle commence à fredonner.
Sa voix caressait l'air du matin comme un doux hululement. Elle passait ses mains sur les herbes hautes et Locke la regarda avec un certain agacement, parce que ces broussailles-là sont pleines de bêtes et de méchancetés. Elle resserra sa veste : il faisait frais. Il n'y avait pas un nuage dans le ciel. Elles longèrent la route une bonne heure, sans rien dire ; Anita s'arrêtait parfois, pour siffler, ou juste pour se demander ce qu'elle fera, ce qu'elles feront, quand la route sera loin et qu'elle sera à court de mélodies.
Au bout de la route, une bifurcation. Elles se turent, comme affligées par un deuil soudain. Locke regarda les mollets de sa soeur. Ses chaussettes n'étaient pas assez hautes, et elle avait sûrement froid.
Arrivées au bout, donc, devant le y qui tendait ses bras, Anita renifle, Locke lui fait un signe de tête, et ne disant rien, les deux filles prennent les deux chemins opposés.

Les corps sont beaux. Ils s'étirent et ils s'affaissent. Leur souffle embaume la salle de leur vigueur et berce l'air. Les cheveux s'envolent. Les joues se colorent. Les mains se tendent et caressent la brise de leurs ongles pointés. Un piqué. Un levé. Et on tourne.
« C'est bien. Recommencez. » Locke tape des mains.
Il y a deux secondes de répit où les danseurs savourent la satisfaction de voir son visage détendu. Ils reprennent leur souffle, et les femmes rajustent leurs mèches très rapidement avant qu'elle ne les voie.
Elle fait encore claquer ses paumes l’une contre l’autre.
Alors les bras se lèvent et les visages se raidissent.

Chaque matin, avant d’aller à l’école, Anna s’assied sur le tabouret, dans la cuisine. Sa sœur coupe le pain et sort le beurre du réfrigérateur. Sa mère passe soigneusement le peigne dans ses cheveux, en tirant un peu, en grommelant dès qu’Anna s’agite un peu ; ses mains sûres tressent des nattes lustrées qui lui descendent jusqu’au milieu du dos. Anna a demandé pourquoi, si sa mère aime tant ses cheveux longs, pourquoi elle n’en avait pas elle-même.
Locke a aperçu dans le reflet de la fenêtre l’ombre fantomatique d’une femme déjà âgée. Ses lunettes à fortes montures et son rouge à lèvres sombre ne font qu’endurcir son regard dur, alors elle ne se voit pas autrement qu’avec ce carré net dont le gris clair l’illumine un peu. Elle avait cessé de se battre contre le vieillissement prématuré de son châtain froid et acheté une ribambelle de serre-têtes pour ses têtes blondes. Anna ne veut pas être en retard ; elle dépose un baiser sur la joue de sa mère et dévale l’escalier à la suite de sa sœur.

« Et vous vivez seule ? »
« Je vis avec mes deux filles. »
« Et votre mari ? »
« Il est mort. » Elle répond avec une aimable sérénité.
« Ah. Désolé. »
Il y eut un moment de silence embarrassé.
Roger est vraiment un homme très maladroit : il fait la cour de la pire façon possible. Il n'ose même plus se regarder dans le reflet du miroir. L'ascenseur chuinte humblement. Elle change de main, son sac est un peu lourd. Elle ne voudrait pas arriver là-haut avec les doigts rouges et marqués par les anses.
L’hôpital lui semble déjà loin. L’odeur des mandarines qu’elle apportait, le murmure des décharges de morphine, l’odeur sourde d’une famille qui parle avec animation lui reviennent pourtant brusquement en mémoire. Son mari était mort. Ce brave homme n’avait jamais touché à une cigarette de sa vie. Locke l’avait épousé pour cette circonspection qui en avait fait un bon père pour les filles. Il était prudent et très poli. Il a très bien élevé ses filles et il décalait ses rendez-vous professionnels pour assister aux spectacles de danse dont Locke donnait les horaires au dernier moment. Son mari était un homme sympathique de banalité. Elle n’a jamais connu quelqu’un de plus gentil que lui.
Roger incline le chef.
C’est un producteur venu de Sydney, c’est cela, lui aussi est accommodant et bien élevé,  il est attachant par sa gaucherie, elle lui donne ce don de sociabilité radieux ; Locke enlève son gant et lui tend la main.
« Il faudrait que nous nous voyions pour la saison prochaine, à Sydney, » et elle sort de l’ascenseur avec le pas aérien qui lui vaut sa réputation.

Un jour, son portable a sonné, et c'était Anita. « C'est bien Locke Hafner ? » Locke ne répondait pas, ou plutôt, n'osait pas répondre. Elle n'a pas reconnu la voix de sa sœur jumelle. Hafner, c'était son nom de jeune fille, cela faisait si longtemps qu'elle ne l'avait pas entendu... Son mariage datait de trente ans. Locke Hafner. Elle dut se replonger dans ses souvenirs, repenser à la longue route et à la bifurcation, à son père et à la grande maison qu'ils possédaient. Anita et Locke étaient parties parce que la compagne de leur père ne leur plaisait pas, avec un peu d’argent et du pain. Elles avaient dix-huit ans. Quand Locke y songe, elle trouve cela un peu bête, ce coup de tête pour une femme, elles avaient dû causer du chagrin à leur père, elles avaient suivi un caprice d’enfant et l’avaient perpétré bien trop longtemps ; et elle ne répond toujours pas. Anita a répété sa question et vérifiait maintenant que son téléphone n’était pas cassé, que la ligne marche et que la connexion est établie, c’est curieux, elle n’entend rien, Locke perçoit les aboiements lointains d’un chien et une voix d’homme qui semble s’adresser à sa sœur. « Anita ? »

Elle cherchait ce satané disque. Il fallait qu'elle fasse vite, les pâtes étaient cuites et la sauce frémissait. Anna allait rentrer d'une minute à l'autre et le couvercle du lecteur était ouvert. Elle cherchait ce CD du Philharmonique de Berlin, celui qu'elle avait acheté la semaine d'avant au disquaire de la troisième avenue. Elle avait très hâte de l'écouter et ne le trouvait pas. Locke ouvre quatre fois les portes des mêmes étagères et passe en revue sa collection, aussi bien que celle de sa fille - bon dieu, elle ne le trouvait pas sous cette tonne de Michael Jackson - le voilà. Elle le sort de la boîte et ferme le lecteur, le bouton s'allume et elle appuie dessus par impatience - c'était lent, ces trucs-là. Et Anna qui n’arrive toujours pas, ce sont les embouteillages ? Peut-être bien, elle tourne la tête pour vérifier que son portable n’a pas reçu d’appels, et tout à coup son bras se raidit et sa poitrine se perce, et Locke tombe par terre.  Il n’y a pas grand-chose à rajouter.
La musique débute.


— vous regardez quoi ?
— elle, là.
— qu'est-ce qu'elle fait ?
— aucune idée.
— ça fait longtemps ?
— ouais.
— elle se rend compte qu'elle est ridicule ?
— elle est peut-être folle.
— ou épileptique.

Les bras tendus à l'horizontale devant elle, elle saute à pieds joints à intervalles réguliers en agitant la tête dans tous les sens possibles. Ses cheveux bondissent avec souplesse, mais à chaque saut, ses pieds martèlent lourdement le sol dans un bruit irritant.
— impossible. mon frère était épileptique, mais il a guéri ici.
— ah ouais c'est vrai on est mort.

Elle s'arrête, comme pour reprendre son souffle.
— ah voilà elle a compris.
— on guérit ici des maladies mais est-ce qu'on arrête d'être foldingo ?
— ché pas.

Maintenant, elle saute à cloche pied, l'autre jambe en l'air, prête à le déplier pour donner un coup de pied de kangourou. Ses bras tournent autour de ses coudes avec une minutie réglée.
— putain elle recommence.
— elle est tarée.
— déchirée.
— elle fait peut-être une danse d'invocation. j'avais vu ça à la télé quand j'étais gosse, ils font ça dans l'Amazonie.
— elle a pas non plus l'air archi amazone.
— elle veut invoquer quoi ? le Taj Mahal ?

Elle saute sur place en écartant ses jambes tantôt à l'horizontale, tantôt à la verticale. Cela aurait pu être beau si elle n'agitait pas ses épaules de façon aussi grotesque.
— elle s'entraîne peut-être. genre pour le judo.
— pour l'aïkido.
— pour la capoeira.
— et Charon, il en a pas marre ?
— c'est marrant, quand tu changes une lettre à Charon, ça fait chaton.
— si j'étais à sa place, je l'aurais butée contre mon piano.
— c'est comme si elle foutait de sa gueule.
— ça va, sois indulgent. c'est pas la seule à avoir perdu les pédales, ma femme aussi veut plus me voir.
— ça c'est parce qu'elle baise le secrétaire t'as pas compris.

si vous pouviez arrêter de parler, ce serait gentil merci. Merci beaucoup. Je retourne à ma danse.
— elle a dit un truc la déglinguée ?
— quoi elle danse ?
— c'est la danse la plus artistique que je n'ai jamais vue.

Et devant la danseuse qui se frotte les cheveux en fléchissant très vite des genoux, monsieur l'artiste tape des mains.




DR. SCHULTZ ALIAS MARTENS
COMMENT ? je me mets bientôt à la v3 ok
QUOI ? Bergson, Bergson et un kebab
TU KIFFES ? Klimt, vert émeraude, magret de canard
VASECTOMIE ? rock'n'vasectomie high school

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Message  Sujet: Re: heatseeker • locke hafner
  Jeu 29 Aoû - 18:56

huis clos hôtel
bienvenue au huis clos.
nous vous remercions d'avoir choisi de séjourner parmi nous.
votre totem et votre clef de chambre vous ont été remis. il vous est recommandé de les garder en votre possession à tout moment. et si vous avez besoin de quoi que ce soit de terrestre, il est désormais trop tard.

après examen de vos actions parmi les vivants, le tribunal a pris la décision de vous damner.
le motif de votre condamnation est : il n'y a pas de motif particulier.
votre châtiment sera l'incapacité à pouvoir dorénavant danser.

nous vous encourageons à aller à la rencontre d'autres pensionnaires, et espérons que leur fréquentation vous sera profitable.
le personnel de l'hôtel demeure bien évidemment à votre disposition, et se joint à moi pour vous souhaiter une bonne éternité.

sincèrement,
la direction.


edit : je me rends compte que ce message est un peu froid.
je ne te ferai pas l'affront de te souhaiter la bienvenue ou de te dire que tu n'as rien compris au contexte du Huis Clos, toi-même tu connais les bails.
peace.



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oh jennifer tell me where i stand.
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Message  Sujet: Re: heatseeker • locke hafner
  Sam 31 Aoû - 21:31

mRsi Mrsi brandona grahama troisième du nom, j'ai fini ma fiche.
maintenant, Locke a besoin d'une bestah rivale.
n'est-ce pas.
N'EST-CE PAS ??!
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Mort : Vieillesse.

Message  Sujet: Re: heatseeker • locke hafner
  Dim 1 Sep - 22:02

Je m'en suis jamais autant voulu pour une condamnation.




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Message  Sujet: Re: heatseeker • locke hafner
 

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heatseeker • locke hafner

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