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 Sophie Leroy

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Messages : 21

Message  Sujet: Sophie Leroy
  Jeu 16 Mai - 17:54

I've died a hundred times
And I go back to black
NOMS : Sophie Leroy
PAYS : Française.
OCCUPATION : Vendeuse de cosmétiques.
VIE : (01/09/1985 — 04/02/2012)
MORT : Tombée du haut d'un balcon.
ÂGES : Morte à 27 ans, est apparue au huit clos sous les traits d'une jeune fille de 20 ans.
ANCIENNETÉ : Environ 1 an.
TOTEM : Une fourchette rouge à pois, la plus belle de son kit de dinette quand elle était petite.
JUGEMENT DERNIER : Graciée (avec pluie de compliments dès qu'elle prend l'ascenseur)


PLEASE ALLOW ME TO INTRODUCE MYSELF
I'M A MAN OF WEALTH AND TASTE
« Je suis née sans éclaboussures ;
Regardez-moi, rien ne se voit. »
Julie Zenatti

Sophie est le cliché même de la fille de bourgeoisie snob, peureuse et complément à côté de la plaque.
Every single one's got a story to tell
From the queen of England to the hounds of Hell
Elle était debout dans le salon, à repasser le linge propre en regardant distraitement une série B à la télévision. Elle avait baissé le son pour ne pas déranger les voisins et ouvert les fenêtres pour aérer la pièce. L’après-midi était frais et venteux, la lumière pâle et le ciel couvert. Les rideaux voletaient doucement et un collier de coquillages cliquetait, accroché à la rambarde du balcon. C’était un souvenir de leur nuit de noces. Il lui disait toujours qu’elle devrait le mettre ailleurs, qu’il finirait par tomber. Mais elle aimait regarder le coucher de soleil en le prenant entre ses doigts ; elle avait moins peur de la nuit. Il ne comprenait pas pourquoi elle y était tant attachée, et elle ne savait pas lui répondre. Il sentait encore un peu la mer et ça lui suffisait.
Ça lui suffisait.
Il y avait eu un fracas tout à coup qui l’avait faite sursauter. Elle avait manqué de se brûler avec le fer, à la place de quoi elle venait de brûler le col d’une chemise de son époux. Mais elle ne s’en paniqua pas, comme elle le faisait toujours quand elle abîmait une de ses affaires ; elle releva la tête vers le poste de télévision. Une femme blonde en larmes gifla un homme en grande toilette.
« Je n’arrive pas à croire que tu me trompes ! »
Comme elle avait baissé le son, le cri ne fut qu’un murmure mais le bruit avait cessé momentanément dehors et il résonna longtemps dans la pièce, même après que le trafic routier ait repris et que le vent se soit remis à souffler. Elle ne sut jamais si ce fut une coïncidence que le brouhaha de la ville se soit tu à cet instant précis ou un tour de son esprit. Sur le coup elle ne se posa pas la question. Elle répéta calmement :
« Il me trompe. »
Et soudain elle en fut sûre. Son mari la trompait. Ça lui apparut comme une évidence et la nier lui sembla irréaliste. Quand elle se rendit compte de ça, elle ne pleura pas. Elle ne saccagea pas la pièce comme la blonde de la télévision. Elle ne fit de mal à personne. Il n’y eut ni cris, ni casse, ni désespoir. Mais elle se souvint des six derniers mois passés à douter. Les premiers soupçons, après son retour de voyage d’affaires et ce ticket de caisse pour un parfum de luxe qu’il ne lui a jamais offert. Les rendez-vous en amoureux annulés, les appels tard le soir et ces rires qu’il riait seul. Ses amies d’aucun secours, et sa mère de mauvais conseil. Laisse-le faire. C’est ce qu’elle avait dit. Tous les hommes sont pareils. Quand il se sera lassé, il reviendra. Regarde ton père. C’était vrai. Ou fais-lui un gosse. C’était ainsi qu’elle était née elle-même. Sa mère avait cessé de prendre la pilule en cachette et utilisé sa grossesse comme moyen de chantage contre son père qui fricotait alors avec une collègue de bureau. Je ne veux pas devenir comme toi, maman. Mais elle l’avait écoutée quand même et pendant des mois, elle avait fermé les yeux sur des indices de plus en plus flagrants. Il ne semblait même plus prendre la peine de se cacher, comme s’il avait compris qu’elle ne protesterait pas. Elle ne protesta pas. Pendant des mois elle évita d’y penser ; elle réussit même à oublier un après-midi où elle faisait les courses, elle fut heureuse de trouver dans les rayons sa marque préférée de café. L’autre devait la connaître aussi, mais ce sera elle qui en lui fera un en premier ce soir quand il rentrera.
Ce fut un de ces soirs où il ne rentra pas.
Elle se réveillait chaque matin en se demandant si elle l’aimait encore. Elle ne se sentait pas particulièrement trahie, mais humiliée. Elle aurait voulu qu’il ait un peu plus de considération pour la femme qu’il brisait. Elle aurait voulu qu’il ait des remords mais il la regardait avec indifférence et sorte de dégoût pour son silence résigné. Peut-être qu’elle ne réagissait pas de la bonne façon. Peut-être qu’elle devrait se mettre en colère ou pleurer, peut-être qu’elle devrait taper un scandale. Peut-être qu’il attendait d’avoir la preuve qu’elle tenait à lui pour se faire pardonner. Peut-être qu’il fallait faire du bruit pour ça. Mais elle restait désespérément silencieuse, mélancolique, et elle continuait à vivre le quotidien, sans éclats et sans parjures. Elle ne souffrait pas d’avoir été délaissée, elle souffrait des reproches qu’il osait encore lui faire après avoir tout gâché. Elle souffrait de ce sentiment d’impunité dont il jouissait. Personne ne lui reprocherait de l’avoir trompée si elle en était incapable elle-même.
Peut-être qu’elle ne l’avait jamais aimé. Peut-être que ce pincement au cœur qui la surprenait quand leurs mains se touchaient par accident, ce n’était pas de la tristesse, mais de la culpabilité pour avoir menti dans une église. Peut-être qu’elle était juste tombée amoureuse de l’amour. Peut-être que ce qu’elle avait aimé, c’était la vie de luxe et de plaisirs secrets qu’il lui offrait.
Peut-être qu’en fait elle était soulagée que ce soit lui qui ait fait le premier faux pas, comme il avait fait le premier pas tout court. Soulagée que ce soit de lui dont les gens médiraient. Soulagée que ce soit contre lui que l’opinion publique s’acharnerait.
Soulagée d’être le mouton blanc.
Soulagée d’être la victime.
Elle se dégoûtait d’être à ce point égoïste et lâche. C’est sans doute pour ça qu’elle était incapable de lui reprocher quoique ce soit. C’était à elle-même qu’elle se faisait des reproches à longueur de journée.
Et maintenant que tout lui revenait en mémoire, maintenant qu’elle l’avait dit à haute voix, elle ne se sentait pas plus légère, plus affirmée mais elle ne se sentait pas minable non plus. Elle se demandait à quoi elle avait perdu son temps, pourquoi elle avait cédé les plus belles années de sa jeunesse à un homme qu’elle n’était même pas sûre d’aimer. Elle mentait quand elle disait qu’il avait tout gâché. Il n’y avait rien à gâcher dès le départ, et peut-être aucun cœur à piétiner en chemin ; et s’il y avait eu une chose, même infime, de sensible et d’émouvant à gâcher entre eux, ils ne s’en probablement pas rendus compte. Elle ne croyait pas qu’ils n’étaient pas fait pour être ensemble. Elle prenait conscience qu’ils n’avaient rien fait pour l’être ; rien pour que leur couple fonctionne. C’étaient leurs parents qui avaient construit leur relation, leur seul point commun étant leur docilité face à l’autorité.
Finalement elle préférait ne pas savoir si elle l’avait aimé ou pas. Ça n’avait pas tant d’importance. Elle avait vécu huit ans à ses côtés. On ne résume pas huit ans d’un oui ou d’un non. On ne résume pas huit ans.
La blonde à l’écran continuait de crier. Elle reposa son fer à repasser et elle alla au balcon. Le vent souleva sa jupe. Le collier était là qui cliquetait toujours. Elle allait le prendre dans ses mains quand le nœud se détacha et qu’il glissa de la rambarde.
Elle ne saura jamais quel sentiment l’a poussée à se précipiter pour le rattraper. Mais elle l’a fait et c’est elle qui est tombée.
Elle n’eut pas peur durant la chute. Elle n’en eut pas le temps. Et puis, elle tenait dans sa main le collier ; et plus qu’une preuve d’amour, plus qu’une preuve de sincérité, c’était la preuve qu’elle avait été heureuse.
Ça lui suffisait.
When we meet on the other side
Will you recognize me then
« Sophie… »
On lève les yeux au ciel.
Dès qu’elle ouvre la bouche, on lève les yeux au ciel. Elle ne comprend pas, tout son ego se révolte contre cette injustice. Elle aurait tant de choses intéressantes à dire si on la laissait parler. Mais on ne laisse pas Sophie parler, on ne la laisse pas seule non plus. C’est sans doute une conséquence du malaise de son arrivée au huis clos. Sophie est une des pensionnaires qui a le plus mal vécu sa mort. Ce n’est pas tant sa mort en elle-même qui l’a choquée, mais la perte de repères qu’elle a entraînée. Elle a été élevée dans un cadre fermé et protégé, une cage dorée ; soumise d’abord à la volonté de ses parents, puis à celle de son mari, elle n’a jamais vécu seule de sa vie. Et voilà qu’on bouleversait tout son monde si bien organisé, si parfait. Elle ne l’a pas supporté. Gémissant, pleurant, criant. Elle avait peur de tout et de tout le monde. Personne n’avait le droit d’approcher ; elle hurlait sur tous ceux qui entraient dans sa bulle de confort. Ça a duré peut-être un mois.
Puis du jour au lendemain, tout a cessé.
Les sanglots, les plaintes, les reproches crachés au visage des autres pensionnaires. Cette phrase qu’elle répétait sans cesse. Je n’ai pas choisi de mourir. Elle n’est pas devenue charmante pour autant ; sagement elle a reconstruit le schéma de son quotidien sur terre, mais toujours loin des autres. Ils ne firent pas partie de ses projets pendant longtemps. Jusqu’à ce que la solitude soit insupportable, en fait. Alors seulement, lentement, elle a essayé de se sociabiliser, de faire le premier pas vers des gens qu’elle avait maudits cent fois. Les débuts furent maladroits, souvent pénibles. On ne lui pardonnait pas. Mais le temps a fait son affaire et bientôt elle réussit à se faire sa place, malgré les réticences de ceux qui l’ont connue à son arrivée. On s’est vite rendu compte qu’elle était en perpétuel décalage avec la situation, donc avec les autres ; vite rendu compte qu’elle ne savait pas se faire des amis. Elle vous regardait d’un air condescendant mais ne comprenait pas pourquoi vous vous vexiez, traitait les Garçons comme ses serviteurs personnels, avait peu de conversation. Elle était arrogante. Elle était fragile. On finit par craindre ses réactions, ses « crises ». Alors on ne la laissa plus seule, on fit attention à sa prise de contact avec les nouveaux arrivants, on veilla sur elle. Elle avait les mots pour faire mal, et aucun tact. On apprit à se méfier d’elle non pas parce qu’elle voulait le conflit, mais parce qu’à tout moment et sans en avoir conscience, elle était capable de le déclencher. C’était une bombe sociale, une allumette dans une pièce remplie de tonneaux de poudre. Un danger public d’un style différent.
A côté de ça, dès qu’elle ouvrait la bouche, elle était consternante.
Pas idiote, mais formatée à un tel degré qu’on trouvait étonnant qu’elle soit faite de chair et non de plastique. C’est quand même déstabilisant qu’une femme qui présente si bien soit aussi superficielle. Agaçante mais touchante. On lui en veut toujours inconsciemment des horreurs qu’elle a proférées à son arrivée, mais on ne se venge pas. Elle ne s’en remettrait pas. Sophie a besoin qu’on l’aime. Elle vit de ça.
My friends are gonna be there too
I'm on the highway to Hell
Comment t'es tu retrouvé dans ce huis clos ? Découvert un jour avant l'ouverture, tombée follement amoureuse après.
Quelles sont les trois choses vivantes ou inanimées que tu emmènerais sur une île déserte ? Chips, chat et pc.
Artiste/groupe, couleur et plat préféré : Pas d'artiste préféré, brun et mont d'or au four avec des patates.
Une chanson que tu aimes en remplaçant un mot par vasectomie : Sous les jupes des vasectomies (Souchon).
Une critique constructive sur Huis Clos ? Constructive, non.
Pourquoi selon-vous les « ouvertures faciles » ne sont-elles pas faciles ? C'est pour sevrer les enfants qui croient encore à un monde tout doux, tout rose, tout gentil.


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Message  Sujet: Re: Sophie Leroy
  Jeu 16 Mai - 18:51

Bonjour et bienvenue au Huis Clos !
Je ne dirai rien sur cette fiche qui me laisse sans voix. J'ai vraiment, vraiment (vraiment) beaucoup apprécié.
Tu peux dés à présent compléter la dernière partie.
Et si tu as besoin d'un avatar, n'hésite pas à en commander un ici !

HUIS CLOS HÔTEL
Bienvenue au Huis Clos.
Nous vous remercions d'avoir choisi de séjourner parmi nous.
Votre totem et votre clef de chambre vous ont été remis. Il vous est recommandé de les garder en votre possession à tout moment. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit de terrestre, il est désormais trop tard.

Après examen de vos actions parmi les vivants, le tribunal a pris la décision de vous gracier.
La raison de votre amnistie est votre mort prématurée.
En guise de récompense, le Huis Clos vous accorde moult compliments de la part de Proserpine à chaque fois que vous prendrez le Denfert Rochereau.

Nous vous encourageons à aller à la rencontre d'autres Pensionnaires, et espérons que leur fréquentation vous sera profitable.
Le personnel de l'Hôtel demeure bien évidemment à votre disposition, et se joint à moi pour vous souhaiter une bonne éternité.

Sincèrement,
La Direction.
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Message  Sujet: Re: Sophie Leroy
  Ven 17 Mai - 15:56

I love you
Merci pour tous ces beaux compliments !
J'ai terminé ma fiche.
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Mort : Vieillesse.

Message  Sujet: Re: Sophie Leroy
  Dim 19 Mai - 19:14

Tout est parfait, je te valide sans plus attendre.
N'oublis pas d'aller référencer ton avatar.

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Message  Sujet: Re: Sophie Leroy
 

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Sophie Leroy

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