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 Jessica Chevalier ♛ Pensionnaire

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Messages : 27
Mort : Noyade
Totem : Bracelet d'identification (maternité)

Message  Sujet: Jessica Chevalier ♛ Pensionnaire
  Lun 20 Mai - 21:41


CHEVALIER Jessica “Jess”

Je suis née deux fois



NOMS : Jessica “Jess” Pauline Marie CHEVALIER
PAYS : française.
OCCUPATION : presque étudiante.
VIE : Toulon, France 14/04/1995 — Toulon, France 16/05/2013.
MORT : noyade.
ÂGES : dix-huit ans for ever.
ANCIENNETÉ : quatre ans, mais c'est pas totalement sûr non plus.
TOTEM : un bracelet d'identification (celui qu'on porte à la maternité).
JUGEMENT DERNIER : DAMNÉE



No movement no colors

Je pensais être déjà morte une fois

“La première fois que vous vous apercevez à travers les yeux d'une personne comme celle-là, c'est un instant terrifiant. C'est comme vous entrevoir dans un miroir devant lequel vous passez chaque jour de votre vie, et soudain il vous renvoie autre chose, une image troublante et étrange.” Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro.

Jess est soûlée, tout le monde l'ennuie, désormais. Jess est vulgaire. Elle ne voulait pas mourir, pourtant, elle est sûre que là-bas, à l'Extérieur, tout le monde croit le contraire.


Just silence

Je me trompais, on ne se sait pas qu'on meurt lorsqu'on meurt

Et même si j'ai une vie de rêve, je veux plus. Je ne veux pas plus, je veux moins, en fait. Je veux me sentir à ma place quelque part, pas le cul entre deux chaises, pas le vilain petit canard qu'on peint en blanc pour faire semblant. J'aime mon père, j'aime ma mère, j'aime cette idée de la famille qu'ils ont pour nous, pour moi. Je suis désirée, comme je l'ai toujours été. J'ai une maison, un endroit où je peux me sentir chez moi. Je peux dire, “je rentre”. Je ne manque de rien, merci. J'ai peut-être même trop. Trop d'un coup, trop depuis toujours. Je veux savoir d'où je viens, à défaut de trouver un endroit chaleureux, quelqu'un qui répondra à mes questions, voir de mes propres yeux que je n'ai rien manqué. Je ne manque de rien, mais je ne sais pas si je ne manque rien, autre part.

Les coudes sur la surface froide du bar, je fixe mon iPhone. J'attends que l'écran s'allume, qu'on vienne me tirer de cette situation impossible. Je sens sur mon visage le regard perplexe de Papa, celui, plus tendu, de Maman. Je sais que je devais faire ce que je viens de faire, que je devais leur dire ce que je viens de leur dire. Mais je suis lâche, au fond. Je préfère lâcher ma bombe et me tirer de là, rapidement. J'ai à peine les fesses posées sur le tabouret, je peux encore le faire pivoter et sauter, m'échapper par la porte d'entrée, derrière moi.

“Je veux retrouver ma mère biologique.”

C'est ce que je viens de dire. Une toute petite phrase, cachant un million de sous-entendus. Je ne leur veux pas de mal, je ne me veux que du bien.

L'iPhone vibre et résonne dans le silence glacial. Je l'attrape vivement, glisse mon pouce sur l'écran tactile, pose le téléphone contre mon oreille.

“Max ? J'arrive.”

Je range le téléphone au fond de la poche de mon jean. Je regarde une derrière fois mes parents dans les yeux. J'essaie de faire passer un message, je suis désolée, je dois y aller, c'est important. Je n'ai pas confiance dans le pouvoir de persuasion de mes yeux. Je descends du tabouret, doucement, lentement.

“On en reparlera demain. Je dois le dire à Max.”

Maman se détourne, s'assoit sur une chaise, de l'autre côté du bar. Papa hoche la tête, me donnant un permission que de toute façon je leur arrache de force. Je pose un pied vers lui, pour l'embrasser. Et puis je me rétracte, non, ce n'est pas le moment. Je fais volte-face, attrape la lanière de ma besace que j'ai laissée au préalable dans le couloir et sors de l'appartement.

Avant de refermer la porte derrière moi, je lance, comme un murmure :

“Je n'oublie pas que vous êtes ma famille.”

Je ne sais pas s'ils m'ont entendue. J'ai tout le temps de le leur répéter. Plus tard.

••

Je ne sais pas pourquoi je reste avec eux. Ils m'ennuient. Ils trouvent drôles des choses que je déteste. Je ne comprends pas pourquoi ça les amuse, et ils ne comprennent pas ce que j'aime. Mais je n'ai pas le choix. Il y a une seule chose qu'ils savent de moi, une chose qu'ils vivent eux aussi. Ils vivent dans les beaux quartiers de la ville, ne remarquent pas les vêtements que je porte car ils portent les mêmes, ne regardent pas les prix, vivent sans se soucier de rien. J'ai essayé de m'intégrer dans d'autres cercles. Des cercles différents. J'ai senti sur moi des regards, l'envie, le mépris, le dégoût. J'étais intégrée, oui, car je payais les additions, parce que je pouvais supporter des soirées chez moi. Parce que je prêtais mes affaires et ne râlais pas si je ne les revoyais pas.

Alors, certes, ces gosses de riches sont des branleurs, des fumeurs, des players. Mais parmi eux, je suis invisible. Je suis Chevalier, la fille de la Coupole, la fille de l'artiste. Oui, Maman possède un restaurant quatre étoiles, et elle est beaucoup plus vieille que mon père. Mais elle, elle est fertile. Ce que les filles du groupes préfèrent le plus, c'est mon frère, mon demi-frère, le fils de ma mère et d'un acteur danois mort jeune, Max. Il ne s'entend pas vraiment avec mon père à moi. C'est peut-être parce qu'ils pourraient être frères. En tout cas, les filles l'aiment bien. Parce qu'il n'est pas très vieux, adulte, parce qu'il possède une maison de production, parce qu'il peut m'avoir des places pour des soirées promotionnelles, des avant-premières prestigieuses, des festivals réputés. Ici aussi, les gens profitent de moi. Mais c'est de bonne guerre. Je ne suis pas seule.

“Merde, visez qui arrive.”

Nous sommes sur la plage, au bord de la Méditerranée. C'est la nuit. Nous traînons parfois ici, pour fumer, boire, avant ou après être allés en boîte. On joue à action ou vérité. On est rien que des adolescents.

“Mais qu'est-ce qu'elle fout ?”

Je regarde enfin qui arrive. Mélissa quelque chose. Apparemment, elle est dans un lycée privé du coin, et elle aurait piqué le copain d'une fille assise avec nous. Des histoires bêtes. Des histoires sans suite. Des histoires dont on rit. Pas ce soir. On décide de ne pas bouger, elle partira d'elle-même. Mais elle s'approche de la fille dont elle a volé le copain, Lisa. Elles s'éloignent toutes les deux, et le jeu continue. Elles vont s'expliquer calmement, comme les adultes qu'elles ne sont pas encore. La bouteille s'arrête vers moi.

“Jess, action ou vérité ?
— Vérité.”


On réfléchit quelques secondes. Je fixe les deux filles, qui se sont installées juste à côté des vagues. Il y a quelque chose qui me perturbe, quelque chose qui cloche.

“Combien de mecs tu t'es tapée ?”

La vérité ? Aucun. Je ne suis même jamais sortie avec un seul garçon. Je ne sais pas pourquoi, je n'en ai pas encore eu l'occasion, je suis quelqu'un d'assez timide il faut croire.

“Cinq.”

Qui dit vraiment la vérité ?

Lisa et Mélissa ne sont plus là où elles étaient. Mélissa est à l'eau, et Lisa accourt vers nous, toute mouillée, appelle à l'aide. Je suis déjà debout. Je fonce vers le rivage. Je retire le gilet qui me protège de la brise de mai. Je plonge dans l'eau de mer, je ne sens même pas le froid. J'agis toujours impulsivement, sans réfléchir. Je ne me pose pas de question. Je préfère les poser aux autres. Je suis comme ça, du tac-o-tac.

J'attrape l'épaule de Mélissa, je sors sa tête de l'eau. Elle crache du liquide par la bouche, son nez dégouline de morve. Pour moi, c'est terminé. J'ai sauvé cette fille, je vais la ramener sur le sable et tout est réglé. Sauf que je ne suis pas la seule à avoir voulu passer pour un héros. Il y a Raphaël, qui, dans le noir, ne voit pas très bien. Dans le noir, et après une bouteille de vodka et deux ou trois joints.

Tout ce que je sens, c'est son crâne qui se cogne contre le mien.

J'ouvre les yeux pendant que je chute, sous l'eau. J'ai l'impression de flotter, mais je coule. Mes poumons sont pleins d'eau, je voudrais tousser, respirer, mais je n'y arrive pas, je n'y arrive plus. Mes yeux se ferment, la pression m'étouffe. Je m'endors.

••

Il y a une tasse de café, et moi. Mais elle préfère garder les yeux rivés sur le liquide noir, amer. Elle m'a regardée quand je suis arrivée, un dixième de seconde. Un dixième de seconde de trop, apparemment. J'ai senti mon cœur se briser en mille milliards de morceaux. Je n'ai rien manqué, sinon ce dégoût qu'elle semble ressentir pour moi. Je ne me suis pas gênée pour la dévisager. Et j'ai reçu un deuxième coup au cœur. Si je l'avais croisée dans la rue, je n'aurais jamais pu me douter qu'elle était ma mère. Ma mère biologique, à défaut d'être la vraie. Ma génitrice est aussi blonde que je suis brune, et ses yeux sont aussi foncés que les miens sont clairs.

“Ton... ton père était marié. Je n'avais que dix-sept ans. Je gardais ses enfants de temps en temps, pour me faire de l'argent de poche.”

Après qu'elle eut commencé, je n'ai pas pu l'arrêter. Je sais tout. Tout sur quoi ? Sur la vie de mon père biologique, de ma mère biologique, jusqu'au premier jour où elle s'est rendue compte du retard de ses règles jusqu'à son accouchement, douloureux et seule. Je me suis rendue compte dès le début que ça ne m'intéressait pas.

Dès le premier et unique regard, en fait. Cette femme devant moi n'est personne pour moi. Tout comme je représente l'erreur de sa vie – elle a depuis refait sa vie, a un jeune garçon, un mari, un labrador –, je décide qu'elle ne sera qu'un utérus. Je lui offre son café. J'aime ce sentiment de supériorité que je ressens lorsqu'elle fixe mes mains payer.

Je ne lui laisse pas de quoi me contacter. Je ne la contacterai plus. Je suis déçue.

Ma poche vibre. Plage, 20H.


Remains a stupid lie

À dormir debout

Quand elle arrive à l'Hôtel, Jessica devient claustrophobe, rien qu'un moment, peut-être plus d'un an. Et puis, l'Hôtel lui rappelle la Thaïlande, et surtout, un karaoké minable là-bas. Comme au Huis Clos, les pièces ne sont pas aérées, mais l'air est si froid qu'il absorbe l'odeur de moisi, l'odeur de renfermé. Seulement, quand on coupe la climatisation, tout arrive. La poussière, la saleté, la moisissure. Elle fronce son nez, plisse les paupières, n'ose rien toucher. Ça pue.

Elle ne comprend pas tout de suite comment elle a pu passer du fond de la Méditerranée au hall d'un hôtel miteux. La compréhension vient plus tard. Tout paraît absolument normal, au début. On l'oblige à donner son nom complet, Jessica et puis aussi Pauline Marie, des reliques d'un autre temps, d'une autre personne, pas vraiment elle, mais tout à fait quelqu'un d'autre. Jessica Pauline Marie Chevalier, et ça l’essouffle un peu, tous ces noms. Et puis c'est une damnée. Comme ça, on lui annonce de but en blanc, “damnée”, et on lui tend une boîte en carton brun. À l'intérieur, il y a cette sorte de bracelet ridicule qu'on place autour des poignées minuscules des bébés qui viennent de naître, à la maternité. Il est écrit Pauline Marie, à l'intérieur, et la date de naissance de Jessica. Évidemment, ça elle le comprend tout de suite ; même si elle ne l'a jamais vu auparavant, elle sait que ce petit bout de plastique lui a appartenu, et qu'il est désormais à elle. Mais pourquoi ?

Elle passe du temps à se faire expliquer les choses. Elle se dit que peut-être le père de Max est quelque part par là, mais comment savoir, elle ne le connaît pas et il pourrait ne pas ressembler à l'homme des photos dans l'album de sa mère. Elle apprend aussi à se passer d'avoir envie de dormir, de manger, de boire. Ça lui manque toujours, surtout qu'elle ne peut plus s'asseoir et s'allonger qu'ailleurs que dans un endroit où elle a toujours l'impression de tomber de sommeil, sauf que c'est une blague de mauvais goût.

Et même si elle ne croit pas en Dieu et toutes ces conneries, c'est triste à dire mais Jessica ne réalise toujours pas qu'elle fait partie du mauvais côté de la balance, des Damnés. Si on voyait le monde de façon manichéenne, elle serait alors une méchante. Jessica ne s'est jamais vue de cette façon. Et avec cynisme, elle se dit que de toute façon, il n'y a plus rien à attendre.

Parce que si elle n'a pas eu conscience de mourir, maintenant, ça-y-est, elle a conscience d'être morte.


SULLY

He's so cute he makes me want to sullivan.



Comment t'es tu retrouvé dans ce huis clos ? La demande de partenariat sur Krash.
Quelles sont les trois choses vivantes ou inanimées que tu emmènerais sur une île déserte ? Le nécessaire pour fumer, un roman de 400 pages, un hamac.
Artiste/groupe, couleur et plat préférés ? Mon copain (faux), vert foncé, junk food.
Une chanson que tu aimes en remplaçant un mot par vasectomie ? Lilas Vasectomie, Marteria, Yasha & Miss Platnum.
Une critique constructive sur Huis Clos ? Vous voulez dire, que je critique Huis Clos ? On pourrait croire que vous voulez que je critique Sartre, bande de fous.
Pourquoi selon-vous les « ouvertures faciles » ne sont-elles pas faciles ? Parce qu'on croit trop souvent que les filles le sont.

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Message  Sujet: Re: Jessica Chevalier ♛ Pensionnaire
  Mar 21 Mai - 8:38

Bonjour et bienvenue demoiselle !
Tout est parfait, je vais pouvoir te donner ton jugement dernier.

HUIS CLOS HÔTEL
Bienvenue au Huis Clos.
Nous vous remercions d'avoir choisi de séjourner parmi nous.
Votre totem et votre clef de chambre vous ont été remis. Il vous est recommandé de les garder en votre possession à tout moment. Et si vous avez besoin de quoi que ce soit de terrestre, il est désormais trop tard.

Après examen de vos actions parmi les vivants, le tribunal a pris la décision de vous damner.
Le motif de votre condamnation est que vous avez menti à un action ou vérité.
Votre châtiment sera l'impossibilité de vous asseoir ou de vous allonger sur autre chose que le parquet dans le Boudoir impérial.

Nous vous encourageons à aller à la rencontre d'autres Pensionnaires, et espérons que leur fréquentation vous sera profitable.
Le personnel de l'Hôtel demeure bien évidemment à votre disposition, et se joint à moi pour vous souhaiter une bonne éternité.

Sincèrement,
La Direction.


Bonne continuation, j'ai hâte de voir la réaction de Jessica face à l'hôtel.
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Message  Sujet: Re: Jessica Chevalier ♛ Pensionnaire
  Mar 21 Mai - 13:41

Voilou j'ai terminé! Excellent, la damnation. NOUS SOMMES TOUS DAMNÉS OMFG. (J'espère que tout est OK.) (Mais en fait ça me dérangerait pas de modifier.)
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Mort : Noyade.

Message  Sujet: Re: Jessica Chevalier ♛ Pensionnaire
  Mar 21 Mai - 19:55

Et c'est une dernière partie très bien sur les ressentis de ton personnage. Je te valide, file réserver avatar et totem.




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Message  Sujet: Re: Jessica Chevalier ♛ Pensionnaire
 

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Jessica Chevalier ♛ Pensionnaire

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